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Un trop grand pas pour le marinier niais

Le grand écart lui fut fatal !

Par CNabum • Premiers pas sur l'eau • Dimanche 14/10/2012 • 6 commentaires  • Lu 3743 fois • Version imprimable

  • Currently 5/5

Note : 5/5 (3 notes)

  

Bonimentrie vraie ...



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Monsieur mon assureur, c'est la honte aux joues et l'humiliation au fond du cœur que je viens vous avouer ici un sinistre qui me rangera définitivement dans la grande cohorte des marins d'eau douce, des petits bras de la batellerie et des bouffons de nos quais. Ce n'est pas de gaité de cœur que je vais donc vous narrer un incident, une méprise, un naufrage qui me pousse à croire qu'être bonimenteur de Loire finit par déteindre sur ma santé mentale.

 

Je devine que vous perdez patience et que vous avez l'impression que je cherche à noyer le poisson par des propos liminaires confus. Il n'est pas question de vous faire perdre le cours de cette cascade de faits insignifiants qui se liguèrent soudainement pour faire de votre serviteur une cruche qui, à trop aller à l'eau, a fini par se casser.

 

Car c'est bien auprès de Loire que se noua ce petit pas du marinier qui fit grand écart sur les règles de la prudence élémentaire. Nous sommes donc, puisque j'ai décidé de ne rien vous cacher, sur les rives du fleuve royal, en Orléans : son majestueux. Que cela advienne sur le du Châtelet n'est pas anecdotique. C'est bien le lieu idéal pour qu'un gueux sur terre cherche à monter sur ses grands chenaux.

 

Le vent de Galerne soufflait. La remarque n'est pas anodine, elle explique à la fois mon empressement à me retrouver sur l'eau et les menus désagréments qui me firent passer de la volonté initiale au bain de siège, activité qui s'impose précisément dans la cité de Jehanne ! Mais revenons à nos moutons, qui en ce jour, n'étaient pas ceux de la bergère mais de Loire agitée par quelques mouvements dus aux caprices d'Éole …

 

Le fleuve ayant sautes d'humeur tout autant que de niveau, les quais en béton que nos bourgmestres ont fait poser le long de nos quais ne sont pas suffisants. Il faut leur adjoindre quelques pontons flottants qui, comme leur nom l'indique, ont le double avantage de permettre d'amarrer nos bateaux de bois tout en suivant les nombreuses variations d'un cours qui n'est pas celui de la bourse !

 

C'est là qui se noue le drame qui ne va pas manquer de surgir devant vos yeux incrédules. Alors que j'arrivais, bien chargé de tout le matériel qui sied à la navigation à voile sur chenal préféré, je crus bien présomptueusement pouvoir franchir d'un pas altier le petit écart qui séparait le béton fermement relié à la terre du plastique allant librement à la fantaisie des flots.

 

C'était un petit pas à franchir pour un marinier et je n'imaginais pas que dame nature allait me jouer rouerie à sa façon. Alors que je levais la jambe, le vent poussa plus fort son souffle moqueur et provoqua un mouvement sournois du flottant. Le temps, pas plus que l'imprudent, ne suspendirent leur vol ou en la circonstance leur pas. Je me retrouvai en suspension entre pierre et eau dans un grand écart qui prenait des proportions inquiétantes.

 

Je hélai mon camarade plus leste ou plus rapide que moi qui avait fait ce pas que je ne parvenais pas à conclure. Le capitaine, pour homme de peu de foi et de grande moquerie qu'il puisse être, n'est pas homme à laisser dans la détresse un compagnon marinier. Chacun pourra témoigner sur le à l'exception notable d'un individu dont nous tairons le nom, que dès qu'il y a batelier dans la tourmente, il se précipite à l'instant.

 

C'est ce qu'il fit sans se soucier de mesurer les risques qu'il y avait pour lui. Il portait autour de son cou son inséparable appareil photographique et avait dans sa main ce téléphone portable qu'il met toujours au service de la Loire. C'est donc de son autre main, la main bonne sans doute, qu'il tendit un bras secourable au funambule involontaire.

 

Tout aurait pu se terminer par des chansons à boire et une médaille de plus à la veste marine de ce Saint Bernard de Loire. Mais tel ne devait pas être l'épilogue de l'histoire en cette journée de triste mémoire. Le vent poussa encore un nouveau coup de colère, le ponton s'écarta, une ridelle céda et ce couple improbable partit à la renverse pour finir mouillé et penaud au milieu de l'eau !

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Que l'imprudent s'offrît un bain de siège n'était que justice et punition méritée. Nous ne nous étendrons pas sur les menus désagréments qu'il dut subir. C'est son sauveteur, injustice suprême, qui eut à supporter tous les désagréments de l'aventure. Il tomba tête la première sur le de pierre, y fracassa son appareil photo, subit un violent coup sur un sternum moins solide, comme chacun sait, que le pilum romain et perdit dans le fleuve son précieux téléphone.

 

Voilà, vous savez tout monsieur l'assureur, et je sollicite votre bienveillante mansuétude pour pardonner ce sociétaire farfelu et si peu raisonnable tout en dédommageant celui qui lui tendit la main en territoire incertain. Vous vous grandirez en agissant ainsi, ce dont je ne doute pas une seule seconde. Je vous demande simplement de ne pas ébruiter l'affaire, je ne souhaiterais pas qu'elle soit prétexte à moqueries et gausseries innombrables à mon encontre.

 

Je vous prie de croire en ma confusion. Je ne tire nulle gloire d'une telle aventure. Le seul qui est sorti grandi de cette farce est celui qui en est le dindon. Agissez promptement pour qu'il retrouve ses précieux compagnons.

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Circonstanciellement vôtre.


 

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Commentaires

Bum dans l'eau par Arrow le Dimanche 14/10/2012 à 12:01

Arrow






Un 10 sur 10 bien merite !
Pour ma part ca fait maintenant beaucoup d'annees que j'essaie de marcher sur l'eau mais rien a faire .. pas encore vraiment reussi mais pourtant plusieurs semblent y etre parvenu , les photos temoignent ces faits indeniables ,


renversant n'est il pas ?


en avant toutes


un tricheur aux godasses longues


jamais trop tot



Miss G.L.L.O.Q .. comme ca s'epelle ou G.2.L.O.Q comme ca se prononce



Meuuuhhhh !



a  la mi Aout

A vous les studios et les perplexes , bon Dimanche .

Vive l'eau , CNabum before .

Patrick L .


Re: Etre "perplexe"......PHOTO + chère du Monde...... par p boum le Dimanche 14/10/2012 à 14:01

Qui ne sait "décider" de son jugement.......ou  "expliquer" sa décision................

Dès que l'  "élément / vital"      EAU  est  présent   les  "dérives"  (sic)  sont présentes.................

L'acquèreur de la  "photo" ci-après aura + de difficultés a expliquer sa décision que........le non acheteur.......



RHIN 2 (Rhein 2)  par Andreas Gursky /Allemagne (cèlèbre Inconnu) dimensions 3,80 X 2,99 ms > c'est l'exploit !

Adjugée en Novembre 2011 par M° (restons discret) pour la somme 3 190 987  Euros (précisé: frais inclus !!) en France !!.

La majorité des Gdes-Religions ont une "phase" de base en rapport avec  l' EAU  >> Lac de Tibériade par exemple........

slts  p. boum


Re: Etre "perplexe"......PHOTO + chère du Monde...... par CNabum le Dimanche 14/10/2012 à 14:36

CNabum  Bum

Point de dérive en territoire ligérien

Nos bateaux ont le fond plat et nous, pauvres mariniers de Loire avons peu de cervelle !
C'est pour ça que nous sommes capable de croire que marcher sur l'eau est possible

Pauvre niaiseux que nous sommes, éternellement marins d'eau douce nous serons 

Merci
C Nabum


Re: Bum dans l'eau par CNabum le Dimanche 14/10/2012 à 14:34

CNabum  Arrow

Arrox que l'on crie sur l'âne bâté qui veut marché sur l'eau

Pourtant d'autres avant lui ont réalisé le prouesse !

Je continue avec mes mots d'aller à la surface des choses, je conte et parfois je plonge !

Qu'importe, pourvu qu'on est l'ivresse ...
Merci

C Nabum


Qui dit mieux ? par Arrow le Dimanche 14/10/2012 à 16:24

Arrow





Effectivement d'autres ont reussi cette prouesse !


demarrage a froid pas toujours facile



A l'eau j'ecoute ... ( ca marche a tous les coups ) .... prout !



Ca y est c'est parti ... en avant marche ! ( sur l'eau bien sur )


merci une fois de plus a notre intrepide envoye special qui semble toujours etre la au bon moment .

Vive l'eau , clic clac .


Patrick L .


Re: Qui dit mieux ? par CNabum le Dimanche 14/10/2012 à 17:12

CNabum  Quand le bât baisse

Pauvre batelier !

 

Il était une fois un fier et vaillant batelier de Loire qui n'avait de plus grand bonheur que d'être à la manœuvre. Il se faisait un plaisir physique à hisser la voile, à déployer cette belle toile, ce drap de volupté qui se gonflait des assauts du vent. Il n'avait pas son pareil pour abattre, relever, affaler, hisser en des mouvements incessants de va-et-vient. Il était passé maître à ce poste qui requiert dextérité, doigté et force des reins pour l'homme d'équipage.

 

Bien sûr, il devait parfois se résoudre à baisser pavillon, à avaler son orgueil pour démâter au passage des ponts. Il avait à chaque fois un pincement au cœur, un je ne sais quoi d'impression sournoise, un pressentiment qu'il ne parvenait pas à décrypter. Heureusement pour lui, le malaise n'était que de courte durée, l'obstacle franchi, il se réjouissait de redresser l'objet de sa fierté marinière.

 

Ce genre d'activité ne laissait pas insensible les dames qui du bord, admiraient les gaillards qui défiaient les flots et le courant. Elles avaient toutes des yeux énamourés pour celui qui déployait dans le ciel ce drap de coton, toile blanche qui demandait tant de peine à nos lavandières. Partout dans notre pays ligérien, ce colosse était surnommé le Bât …

 

Sa réputation lui valait bien des agréments. Les rendez-vous ne manquaient pas à l'ombre d'un buisson, au derrière d'un lavoir, au creux du chemin de halage. Il ne faiblissait jamais, à cette manœuvre là, il était tout aussi actif que sur ses glorieux esquifs. Il enjamba bien plus d'arches féminines qu'il ne peut y avoir de pont sur notre Loire.

 

Mais les belles histoires ont toujours une fin piteuse, le temps de la marine à voile tirait à sa fin. Sur le fleuve, des cheminées crachant le feu remplaçaient progressivement nos gréements magnifiques. Dans la tête de Bât, cette révolution technologique fit grand tracas. Il se voyait ne plus jamais mettre le collier à la vergue, il s'imaginait ne plus trouver passe sur le fleuve, les filles allaient se gausser de lui…

 

Puis une nuit, il fit grand cauchemar, rêve prémonitoire. Le bât était sur un bateau sur un fleuve en colère. Il y avait grand vague à l'âme sur la Loire ce jour-là. Les eaux étaient jaunes et grosses. La manœuvre au pont ne se passa pas bien, la Galante démâta (C'était le joli nom de la gabare sur laquelle il avait été embauché). Quand l'incident se produisit, un vapeur passa juste à bâbord et son sifflement strident sonna le réveil du pauvre homme et la fin de ses turgescences glorieuses.

 

Depuis ce rêve affreux, avec sa peine secrète, ce malaise qui ne se dit pas dans le milieu des marins, il allait la tête basse sur les quais de notre fleuve. Son aiguillette, celle qui fit sa gloire avait cessé de se dresser fièrement vers le ciel. Il avait le mât en berne, la marine de Loire à la voile était bien morte. Il ne s'imaginait pas une seule seconde passer à la vapeur, il avait sa dignité et ne se pensait pas capable de virer de bord, de renier ainsi sa réputation de graveleux luron .

 

Il usa alors de tous les remèdes de bonne-femme qui lui passaient sous la main. Il broya des becs de héron pour se faire poudre de Patachon. Il avala cette potion sans qu'il retrouve sa vigueur d'antan. Il fit appel aux marins de la mer, ceux qui venaient des terres lointaines. Il mâcha l'écorce du fameux Richeria grandis, le revigorant bois bandé, sans plus de succès. Il en venait à regretter le temps de la bricole …

 

Les filles désormais riaient sous des capes qu'ils ne détroussaient plus à son passage, depuis quelque temps, elles avaient trouvé que les cheminots, malgré leurs gueules noires, étaient les nouveaux aventuriers de l'intérieur. La vie de notre Bât déraillait. Il avait échoué sur un cul de grève comme un âme en peine, il avait perdu l'envie de se battre.

 

Il était au bord du précipice, il se voyait plonger dans une bîme, faire ce dernier saut à défaut de tous ceux qui se dérobaient désormais à lui. C'est à ce moment qu'une chasse aquatique, un grand mouvement de fureur vint du fond de notre fleuve. Un brochet affamé voulait faire son affaire à une ablette qui ne voulait pas s'en laisser compter.

 

Quel âne se dit de par devers lui ce pauvre Bât ! Que n'ai-je pas pensé plus tôt à cette reconversion ? Je continuerai à me faire pêcheur en restant au bord de notre Loire. Une gaule à la main, un bâton de bambou, je déploierai mes lignes pour taquiner les brèmes, les carpes et les aloses. Et si un brochet, un chevesne ou tout autre gros poisson vient à moi, je ne ferai pas le difficile.

 

C'est ainsi que remettant la main à la pâte, sa malédiction put tomber. Bât comme par magie, retrouva sa vigueur légendaire. S'il pousse toujours le bouchon trop loin, c'est sur la berge, sur le sable ou bien à l'embouchure d'un ruisseau qu'il renoue avec la tradition batelière. Et si quelques poissons assistent aux curieux ébats ligériens de l'ami Bât, ils s'en amusent plus qu'ils s'en offusquent. De voir de charmantes demoiselles tomber, elles aussi, dans ses filets, semblent leur faire oublier le sort qu'il leur promet.

 

Il ne faut jamais désespérer de la Loire, elle a toujours un tour dans son sac pour que le marin redresse la tête ! De cette histoire à ne pas mettre entre toutes les oreilles, c'est bien la seule morale qui vous soit permise d'ouïr ici.

 

Mâturement vôtre.



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