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LES 3 ECLUSES DE CASTETS-EN-DORTHE

Mazérac, Les Gares et Castets

Par lougabier • BaB 2 mers • Jeudi 10/05/2018 • 6 commentaires  • Lu 3942 fois • Version imprimable

  • Currently 5/5

Note : 5/5 (1 note)



Fixée sur un piton rocheux, la commune de Castets-en-Dorthe démarre à la passerelle de Mazérac, en amont de l'écluse N°51 de Mazérac sur le Canal Latéral à la Garonne, appelé maintenant Canal de Garonne.


Ce village clôture le canal à l'écluse N°53 de Castets-en-Dorthe et comprend 3 ouvrages. Pour y voir plus clair, ci dessous une vue aérienne de Google-Earth :


Le Canal se jette dans une Garonne très capricieuse avec une différence de niveaux qui peut atteindre 12/13 mètres. Les torrents pyrénéens sur sa rive gauche peuvent avec l'aide des rivières (rive droite) du contrefort du Massif-Central, faire de gros dégâts. A noter  que lors de l'étude de la construction du Canal vers la fin des années 1820, il n'y avait pas de barrages de régulation pour écrêter les crues. Jean-Baptiste de BAUDRE, aidé par Jean-Gratien de JOB avaient étudié tout ça avec une équipe de terrain remarquable.
En effet, comment faire terminer un canal dans pareil cas ?

Leur réponse : un escalier d'écluses !



Selon le niveau de la crue, les bateaux pourront stationner au-dessus d'une de ces 3 écluses : Mazérac N°51, Les Gares N°52 et enfin Castets-en-Dorthes la N°53.

1. Écluse N°52  51 de Mazérac :

Vers l'amont, c'est le bief Bassanne-Mazérac. Sur la droite de la photo, ce large espace permet d'accueillir un certain nombre de bateaux. Le chantier de construction et de réparations navales CFSO en occupe une petite partie.


La particularité de cette écluse est d'avoir comme à Gailhousty sur le Canal de Jonction, un pont au dessus du sas.
bab.viabloga.com/news/l-ensemble-monumental-de-gailhousty

Lors de la mise au gabarit Freycinet, il a été rehaussé, d'après ce qui se dit, pour le Citerna le Carlitte. Allongée vers l'aval, on aperçoit la chambre des portes  des "30 mètres", côté éclusier, une échelle y a été installée, bien vu !


L'accès à cette belle maison éclusière, se fait en gravissant 4 ou 5 marches de manière à ce qu'elle soit au-dessus du niveau de la route et du plateau sur lequel elle été bâtie : lors de crues, le fleuve s'étale et monte moins.
Pour sécuriser le tout, c'est une construction à étage avec grenier accessible.


2. Bief de Mazérac aux Gares :

En aval, le Corsaire est loin d'occuper toute la place.


 

A noter, beaucoup de changements par rapport à l'activé du transport de marchandises : le Moulin de Mazérac a pris un sacré coup de rabot !



Ce bief de 692 mètres constitue de fait, un échelon plus bas, la 2ème gare d'eau où beaucoup de bateaux peuvent s'y amarrer.

  

Quand on projetait d'attendre pour descendre à Bordeaux ou un affrètement, c'était le lieu destiné. Les bateaux chargés s'amarraient rive droite (platanes) et les vides de l'autre côté actuellement occupé par la plaisance : moins profond, moins d'ombre, mais plus près du village... surtout qu'"à Castets il fallait avoir de bons pompils (de bonnes jambes), ça grimpe tout le temps !!"

Par temps de crue, quand le bief inférieur était ou risquait d'être inondé, les attentes se faisaient là.

Un peu en amont de l'écluse, il y a un aqueduc-siphon dont on ne voit aucune trace du canal. Un ruisseau récupère les eaux de ruissellement de la colline, passe sous la route puis sous le canal.

Côté route, puis côté canal.



3. Écluse N°52,  les Gares :

Pour nous, c'était le Bureau. C'est là où la Capitainerie demeure maintenant. Voir l'article sur l'exposition de 2015.
bab.viabloga.com/news/le-canal-de-garonne-en-images

Pour les promeneurs, une petite passerelle en bois y a été jetée. La maisonnette sur la gauche est le bureau. Au pied de l'escalier les traces des anciennes portes.


Du haut de ce ponteau, vers l'amont et vers l'aval.


L'empierrement est haut par rapport au niveau du bief et les portes d'en bas (aval) ont une large ouverture sous leurs passerelles... mais en temps de crue l'eau se rapproche de nos pieds, comme le montre le petit encadré dans la photo ci-dessous !!


On comprend l'éloignement de la maison éclusière, la quinzaine de marches à gravir et les 4 ou 5 supplémentaires du perron.
C'est un beau bâtiment à 2 niveaux et combles accessibles.



Au niveau de l'avant dernière marche de l'escalier, 2 rainures indiquent le niveau d'eau atteint, dommage une date est illisible ! Celle du bas correspond aux inondations de juin 1875, qui a provoqué la mort de plus de 200 personnes à Toulouse et la destruction de plus de 1200 maisons.
Remarque : les bateaux n'ont pas dû rester dans ce bief !!


C'est à cette maison, très rarement inondée qu'il y avait le Bureau de contrôle où l'éclusier tamponnait "la feuille" (lettre de voiture). Au dessus de la fenêtre, un panneau est encore visible.


Texte :
PONTS ET CHAUSSÉES
STATISTIQUES DE LA NAVIGATION
BUREAU DE DÉCLARATION.

On comprend pourquoi on appelait cette écluse, le Bureau depuis peut-être le début de la navigation.

4. Bief des Gares (52) à Castets (53) :

Ce bief de 529 mètres forme aussi la 3ème gare d'eau au dernier niveau du canal. Une gare d'eau au-dessus, une autre en dessous, le nom des Gares s'imposait... donc rien à voir avec le chemin de fer !

   

Parfois le bief est un peu plus haut !!


Remarque sur ces gares d'eau :

Lors de la descente en Garonne, les bateaux à la marée, descendent à la queue-leu-leu, ce qui nécessite un afflux d'eau, les gares dans ces biefs très courts, servent aussi de réservoir.

5. Écluse N° 53 Castets-en Dorthe.

Elle est appelée aussi d'Embouchure. Elle est détaillée dans un commentaire de l'article sur les recherches historiques :
bab.viabloga.com/news/recherche-historique-ecluse-n-53-entre-canal-lateral-et-garonne#comment_3


Étant à la fin du canal, il faut bien évacuer les excès d'eau, c'est-à-dire rendre à la Garonne ce qui a été pris plus haut, d'où un épanchoir.

 

La maison éclusière comporte un étage de plus que les 2 maisons précédentes et un escalier extérieur. L'éclusier possède un canot.
Voir le commentaire :
bab.viabloga.com/news/recherche-historique-ecluse-n-53-entre-canal-lateral-et-garonne#comment_12





L'écluse comprend 3 sas, deux à la suite, appelé la "grande écluse" et l'autre de 30m, tout à côté dit "petite écluse" aujourd'hui abandonné.

 

Tout ça est recouvert par les crues :




6. Musoir et Garonne :

C'est ici que les bateaux prennent la Garonne. La sortie n'est pas simple, Le nez du bateau doit prendre le courant pour aller vers le milieu de Garonne. Si le bateau est renvoyé sur le bord, la poupe risque de sauter sur l'empierrement de la digue jusqu'au pont... heureusement les pierres ont été tellement rabotées qu'elles étaient arrondies et n'étaient pas trop dangereuses !!


Le Pont est dit Eiffel car ses constructeurs ont utilisé la même technique que le constructeur de la célèbre Tour, mais il n'a pas été construit par lui.
Par fortes crues, les pétroliers qui ne pouvaient pas monter s'amarraient un peu en dessous du pont, rive droite, en attendant que le courant faiblisse.

Depuis quelques années, le poste d'attente est situé sur des ducs d'albe à quelques centaines de mètres en aval du pont.

Photo prise du pont :

Ainsi se termine ce Canal Latéral à la Garonne appelé de nos jours Canal de Garonne.

Sa construction et celle des ouvrages environnants montrent le haut degré de technicité atteint dans notre pays.





Commentaires

Castets en Dorthe par cayor le Vendredi 11/05/2018 à 17:16

cayor  Comme d'habitude superbe reportage de Lougabier, bien agrémenté de belles photos. Je me souviens d'y être baladé avec Monsieur Lanari en 1973. La "Copé" était encore active pour disparaître quelque temps plus tard. Il nous reste les souvenirs et les témoignages des anciens qui ont vécu cette époque tellement différente de celle que nous vivons.


Re: Castets en Dorthe par lougabier le Dimanche 13/05/2018 à 23:44

Bonjour,
Roger a pris sa retraite à Castets-en-Dorthe comme beaucoup de mariniers de sa génération car c'est la partie des Canaux du Midi qui est restée le plus longtemps active.
Il nous a quittés en 2004 à l'âge de 89 ans. Son 2ème fils Alex est décédé en 2012.

Hier j'ai eu le fils aîné de Roger au téléphone.


Re: Castets et la navigation par lougabier le Jeudi 17/05/2018 à 01:02

 Quelques réponses qui correspondent au sujet :

1. La navigation :

La navigation dans le Latéral a toujours été conditionnée par la hauteur de l'eau de Garonne.
Pour naviguer en été avec les eaux basses s'il y avait un faible coefficient de marée, le nombre de bateaux qui pouvaient descendre était limité, on pouvait perdre 1 jour.

En crue, à partir de 6m environ à Castets, pour remonter la Garonne, ça dépendait de la motorisation et du type de bateaux : un luxomotor et un spitz se comportent différemment. Il y avait aussi de l'entraide, on évitait de laisser les copains qui ne pouvaient pas monter en pleine "sansouïre" (désert), parfois c'était 2 bateaux qui en remorquaient un troisième. Jusque vers 1969, la CFM ( filiale de l'HPLM) avait le Lotus, un remorqueur qui moyennant finance montait des bateaux hors HPLM. Comme dit dans l'article, certains bateaux chargés qui ne pouvaient pas monter le dernier KM car il fallait faire le travers, attendaient un peu en dessous du pont de Castets. Ils avaient pu monter jusque là car en connaissant la rivière, ils passaient sur les champs et frôlaient les arbres, là où il y avait le moins de courant.
Pour la descente, en période de crue, la limite était la hauteur des ponts. Quelques uns se sont fait peur : timonerie démontée, ils dévissaient l'écrou du macaron pour pouvoir le sortir au cas où ils ne passaient sous le pont !
Plus prudents, certains attendaient la baisse du fleuve ou prenaient un pilote... ça se limitait à quelques jours. Par contre, il fallait éviter (faire demi-tour), avant d'arriver au ponton et se laisser culer pour s'amarrer en y passant devant, car il y avait le risque de ne pas avoir la force de remonter le courant... Il y avait souvent quelqu'un pour attraper le bout.

La rupture de navigation n'excédait pas la semaine et à la fin avec des moteurs plus puissants, il n'y avait plus de problème de remonte. L'arrêt de la navigation le plus long, était les 15 jours du chômage mais les clients étaient prévenus.
Peu d'arrêt pour cause glace, surtout dans le Latéral où il y a un courant de 1Km/h environ. A noter que le transport routier peut-être aussi perturbé dans ce cas.

2. Transport Castets-BX :

Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, il n'y a plus eu de transport entre Castets et BX sauf aujourd'hui Pauillac-Langon avec les tronçons de l'A380 d'Airbus.

3. Granulats :

Le Transport de sables et graviers vers BX, par bateaux dont certains avaient une grue à bord s'est terminé avec la fin de l'autorisation d'extraire au fond du lit des fleuves  et d'effectuer des fouilles le long des rives. Une des dernières dragues, était  amarrée à Barie, à quelques km en amont de Castets.

4. La Réole :

La marée se faisait sentir, mais le courant ne tournait pas contrairement à Castets.
De nos jours, je ne sais plus, car le lit de la rivière a été sacrément raboté : en été, les eaux descendent davantage que "de notre temps". En plus il y a, depuis les années 1972, le barrage de Malause  en aval de Moissac...
N'ayant plus de navigation, difficile d'avoir des informations.


Crue de décembre 2019 par lougabier le Vendredi 20/12/2019 à 00:20

 
Dame Garonne s'est invitée dans le canal au niveau de la "2ème marche" (écluse N°52 des Gares)

Courbe de la crue à La Réole (8 à 9 km en amont de Castets)

Vue de drone au dessus de cette écluse :
L'eau du canal est claire, celle de la Garonne est boueuse. La différence de niveau est de quelques cm.


A l'écluse 53 de Castests :

 

Pour savoir si on peut passer chargé, par dessus "la matte", Le repère est la porte d'entrée du Rdc de la maison éclusières.Quand la porte est sous l'eau, ça fait environ 2 m, on peut passer. En fait, c'est la cave de la maison éclusière. L'habitation est au niveau supérieur.
Lors de la construction de la maison, l'inondation de la cave a été prévue. L'intérieur est voutée afin de chasser l'air du local pour éviter de faire travailler l'édifice.


Le pont de Castets :


Remarque :
La commune de Castets-en-Dorthe a fusionné avec la commune de Castillon-de-Castets le 1er janvier 2017.
On ne dit plus Castets-en-Dorthe mais Castets et Castillon. Je pense que pour beaucoup ce sera Castets...
La commune de Castillon-de-Castets pour nous c'est entre l'écluse N°49 de Bassanne et Mazérac (N°50).



Nouvelle crue début février 2021 par lougabier le Lundi 08/02/2021 à 01:55


Castets a eu droit à une nouvelle aïgat (crue).
Depuis décembre 2020, les nappes phréatiques remontent à un bon niveau dans le Sud-Ouest. Fin janvier et début février 2021, avec la tempête Justine, des grosses pluies sont tombées sur le versant Pyrénéens (Ariège, Save, Gers, Baïse, etc.) et sur le versant du Massif Central (Aveyron, Lot, Tarn, etc. Toutes ces rivières rejoignent la Garonne. Fatalement  Dame Garonne a débordé.
La particularité de cette crue par rapport aux autres crues, a été que l'eau est restée plus longtemps que d'ordinaire à son pic et proches valeurs, comme en témoigne la courbe de Vigicrues  ci-dessous :


Castets est situé entre les stations Vigicrues de La Réole et de Langon. La station de La Réole est en amont, elle est donc plus intéressante pour anticiper.
Le quotidien Sud-Ouest a mis en ligne le 3 février une vidéo qui montre bien l'étendue des dégâts.
www.sudouest.fr/2021/02/03/video-inondations-en-sud-gironde-la-garonne-en-crue-vue-du-ciel-8363421-2932.php

 

L'écluse de Castets (N°53) a été bien sûr inondée. Elle est même montée plus haut que le niveau que le montre cette vidéo. La cabine de commande de l'éclusier a vu son plancher recouvert d'une cinquantaine cm.



Du temps de la navigation commerciale (de fret !), il était possible de franchir l'écluse non sans risques. Le passage courant était de passer sur la matte, bien que certains préféraient passer devant la maison éclusière !

Après avoir franchi la matte, il y avait un mort d'eau, plusieurs solutions se présentaient. Une consistait à la franchir et à rejoindre directement le milieu du fleuve. D'autres préféraient traverser le fleuve vers le village de Caudrot, en remontant le courant jusqu'à un autre mort d'eau, Le bateau bien  parallèle au fleuve, la manoeuvre consistait à mettre le nez au courant à et se laisser virer de bord puis plein gaz.


Toutes ces méthodes de navigation alimentaient les discussions aux pontons de Bordeaux... L'erreur à ne pas faire était de filer un coup de barre vers Bordeaux, dès le passage de la matte. Quelques-uns se sont faits de grosses frayeurs en frôlant les piles du pont de Castets !
Sans mettre en route, en 2h on est à Bordeaux, une soixantaine de km.
A partir de 9m - 9m50, la prise du fleuve est dangereuse pour celui qui ne passe pas régulièrement car on ne reconnaît plus le fleuve, les repères ne sont plus apparents, on ne voit qu'une immensité d'eau. Le risque est de ne pas suivre le lit majeur et de s'échouer. Bien sûr, à cette vitesse, on n'a pas le temps d'hésiter, il faut anticiper et pas droit à l'erreur !!

Cette fois ci, l'eau à Castets est remontée jusqu'au bief de l'écluse 52 Les Gares.


Bottes indispensables et coupure du courant (électrique !) ont été nécessaires aux bateaux amarrés dans ce bief.

Maintenant tout est rentré dans l'ordre. Pas d'accident, la population sait vivre avec le fleuve...




Re: Nouvelle crue début février 2021 par Citerna 12 le Mardi 09/02/2021 à 09:34

 Salut Lougabier.
Dès que la'crue de la Garonne a été déclarée, j'ai pensé que tu allais en parler. Alors merci pour ce bel article qui réveille BàB.
Oui, la navigation en eaux grosses est un sacré sport. Antan, sur le Rhône, de remonte, pour "gagner", il,fallait calleyer, longer les berges, frôler les arbres, sauter les digues et les épis. Et ne pas rester à cheval, comme le fit le SEEMOWE. Il s'y est cassé au sens propre du terme.
Et de descente, ballasté à bloc, franchir certains ponts en marche arrière  (viaduc d'Avignon par exemple) pour tester les tirant d'air.
Épique !..
Allez, bonne route.
JB



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