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La batelière

L.-E Alphonse MILLET

Par Sophie-BaB • Divers • Jeudi 08/03/2012 • 0 commentaires  • Lu 1337 fois • Version imprimable

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La batelière

De son beau front de marbre un fleuve d’or ruisselle,
Voilant ce corps neigeux de frêle jouvencelle,
Dieu je crois, a ravi deux étoiles aux cieux,
Deux étoiles d’azur pour lui donner des yeux ;

Sa lèvre de corail si languissante et rose
Semble attendre toujours qu’un doux baiser s’y pose.
Tu donnas à cet ange, Eden, que tu perdis,
Ce sourire divin, reflet du paradis.

Rêveuse elle se tient, d’innocence sereine,
Près du canot léger qui chaque jour l’entraîne
Sur le vaste Océan. Au ciel l’étoile d’or
Sourit… Sous les zéphyrs la nature s’endort…

L’écume bat les flancs du rocher sombre, aride,
Et l’Océan pâlit… Son front blême se ride…
La vague suit, légère, et meurt dans les roseaux
Qui, tristes, pour pleurer, se penchent sur les eaux.

La lune verse à flots une froide lumière,
Mignonne, va dormir ; sous la vieille chaumière,
Des anges au front pur, aux cheveux blonds et fins,
Te guideront, en songe, au ciel des séraphins.

J’aime ces lieux déserts, où les flots sur la grève,
Caressent les galets ; là seulement on rêve,
Là par les belles nuits, disant au monde adieu,
Mon âme prend l’essor vers l’infini, vers Dieu…

Alors tout chante, vit, plein d’une folle ivresse,
Le zéphyr est parfum et la vague caresse ;
Ces doux chants, ces soupirs, ces murmures si bas,
Vous les entendez mais ne les comprenez pas.

Brise, haleine des soirs, baise, gonfle mes voiles ;
Seule, je veux rêver sous l’œil d’or des étoiles ;
Zéphyrs, emportez-moi, loin des regards humains,
Sur le miroir des cieux, sur la mer sans chemins.

Elle agita la rame, et dans la nuit profonde
Je l’entendis chanter au doux rythme de l’onde,
Le canot murmurait tout bas au flot changeant,
Déposant un baiser sur ses lèvres d’argent…

Dix ans se sont passés. Vaincu, le jour recule
Et se fait un linceul du vague crépuscule,
Aux caresses des flots, vers la mer se penchant
Le soleil tend son front pourpre dans le couchant,

Par la bise qui mord incessamment battue,
La pauvre batelière, immobile, statue,
Ecoute sur la grève et sonde, l’œil hagard,
Les profondeurs de l’ombre om se perd le regard.

Quand ses yeux ont pâli, larmes, sous vos étreintes !
Ces étoiles d’azur sont à jamais éteintes…
Depuis longtemps déjà, tes lèvres ont souri
Pour la dernière fois, ô pauvre lys flétri !

Pourquoi rester ici, pauvre femme éplorée,
Pas d’affreux souvenirs sans trêve torturée ?
Sur ta paupière close un baiser du sommeil
Apportera l’oubli jusqu’au matin vermeil,

C’en est fait du bonheur de rêver et de vivre,
Des rires, des chansons, que, jeune, aux vents on !
Mon enfant, petit ange, est retourné vers Dieu,
Un regard plein d’amour fut son dernier adieu.

Le flot d’azur s’endort sous le roseau qui penche,
Son œil était plus bleu ; l’écume est toute blanche,
Son front était plus pâle et le chaste baiser
De la sainte innocence aimait à y poser.

Quand le silence et l’ombre ont déployé leurs voiles,
Qu’au sombre firmament s’allument les étoiles,
Dans mon canot léger j’aime à venir m’asseoir
Pour disparaître enfin dans la brume du soir.

Mais que je vogue au loin sur les flots qui me bercent,
La nuit, la solitude, en mon âme te versent,
Douce mélancolie, et je vois dans les cieux
L’or de sa chevelure et l’azur de ses yeux. »

Elle agita la rame et dans la nuit profonde
Je l’entendis prier. La nacelle sur l’onde
En fuyant murmurait tout bas au flot changeant,
Déposant un baiser sur ses lèvres d’argent…

…Sur la grève un tombeau dormant sous l’algue verte,
Solitaire une croix de sable d’or couverte,
Tremblante sous le fouet des aquilons fuyants,
Vers l’impossible ciel tend ses bras suppliants.

Qu’êtes-vous devenus rêves, beauté sublime,
Jeunesse, que le temps a guidé vers l’abîme ?
Sur le tertre, muet, j’allai m’agenouiller,
Les lèvres sur la pierre, et je voulus prier,

Mais revoyant soudain la pauvresse en délire,
De douleur je brisai les cordes de ma lyre…
Pitié sainte, en mon cœur je te sentis vibrer ;
Au pied de l’humble croix je ne sus que pleurer.

L.-E Alphonse MILLET


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