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HOMMAGE A MONSIEUR MICHEL SERRES

Un enfant de Garonne

Par lougabier • BaB 2 mers • Mercredi 05/06/2019 • 2 commentaires  • Lu 1022 fois • Version imprimable

  • Currently 5/5

Note : 5/5 (2 notes)

 
Batelier, marinier, ou encore petit-fils d'éclusier, tel se définissait Michel SERRES mais aussi, avec un zeste de provoc, par les termes de pêcheur ou de dragueur qui surprenaient les gens d'à terre, mais à nous, "on ne nous la fait pas" !  Dans les familles de mariniers, il n'était pas rare d'y trouver des pêcheurs de sable, conducteurs ou chefs de drague... Quand il parlait comme ça, il était des nôtres, mais après "pour le dur" c'était une autre histoire que l'on laissera développer aux professionnels...

Michel SERRES s'en est allé samedi 01-06-2019, mais qui mieux que le quotidien le Petit-Bleu d'Agen, peut parler de sa vie agenaise ?

www.petitbleu.fr/2019/06/01/michel-serres-1930-2019-restera-pour-toujours-notre-immortel,8233543.php


Le Petit-Bleu d'Agen est né début septembre 1914 sous forme de télégrammes, copies des deux télégrammes envoyés chaque jour par le ministère de la guerre aux préfectures.Les télégrammes étant bleus, le nom s'imposait... Le père de Michel SERRES étant au front, ce journal populaire s'impose dans ces circonstances.

Sur cette photo, "notre" académicien est sur la passerelle piétonne qui relie Agen en rive droite à la commune du Passage d'Agen. Voir article de BaB : bab.viabloga.com/news/canal-lateral-a-la-garonne

En arrière-plan, à droite et un peu amont, se trouvait l'entreprise familiale d'extractions de graves. Michel SERRES est ici chez lui.


On retrouve des traces de cette entreprise dans les registres d'immatriculation des Bateaux de Bordeaux (BX), par exemple :

- en 1925, Valmy SERRES achète une "sapinette" de 45 tonnes environ, du nom de Sans-Pitié, immatriculée BX 494 F.
- en 1927, Jean-Valmy fait l'acquisition du BX 1364 F Carmen, sapine plus grande (90 tonnes).
Remarque : le changement de prénom s'explique par sa conversion durant la grande boucherie de 14-18. Il transmettra à ses descendants l'horreur de la guerre.
Souvent durant ses visites à Agen le long de Garonne, Michel SERRES se réfère à la position de la drague, comme nous le faisions nous, avec Le Bateau. Il évoque aussi tous les petits métiers des gens du fleuve en y incluant les lavandières.

 

Avec humour, il a constaté que parfois les employés de son père ne draguaient pas uniquement le fond de Garonne mais aussi sur les berges ! Tout le long du canal, nous rencontrions aussi des lavandières...

Il a tout connu de la Garonne, même avant de naître l'évacuation en sapinou (petite embarcation) de la maison durant les inondations de mars 1930 !  A cette occasion il résume parfaitement les difficultés que nous rencontrions lors des grandes crues qui rendaient nos nuits si courtes !

 

En 1930, vers la passerelle piétonne "suspendue" et en 2013, la nouvelle avec un fleuve au débit normal.

Quand Michel SERRES parle de son enfance, il décrit sa relation avec l'eau. Comme nous il a appris à nager avec une corde nouée autour de la taille et tenue par son père. Il a dû "mamer" (boire la tasse) plus d'une fois ! La cellule psychologique qui tenait la corde a dû lui dire aussi : "es qué d'aïgo !" (c'est que de l'eau !). Quand on se baignait à la sortie du déversoir de l'alimentation du Canal Latéral aux Ponts-Jumeaux de Toulouse, en Garonne, à Mondiguet ou Paillet, on ressentait les mêmes sensations qu'il décrit, mais lui, il savait les dire !

Des anciens bateliers gascons [1] qui fréquentaient encore Garonne et ses affluents au début du 20ème siècle connaissaient le père et le frère de Michel SERRES. Les barquiers méditerranéens [2] ne l'ont connu que lorsqu'il a été médiatisé. A cette époque, serviettes et torchons ne se mélangeaient pas, pas plus que Barquiers et Gascons, chacun à son bord ! (chez soi).


L'Amicale des anciens (Barquiers et Gascons réunis ! ) a pensé dans les années 1990, l'inviter au repas annuel, mais personne n'a osé approcher un homme aussi brillant ... "Trop haut pour nous", il avait trop de biefs d'avance !

Michel SERRES connaissaient bien le Pont-canal d'Agen. Enfants, quand on y passait dessus avec le bateau, on se perchait au plus haut pour voir la Garonne. Il nous arrivait parfois de voir la drague ou les différentes embarcations. A noter que jusqu'à la fin des années 1950, un ancien avait ses repères à ce pont-canal : selon le niveau de l'eau constatée, il quittait le Canal Latéral à Buzet (sur Baïse) pour rejoindre le fleuve et gagner un jour de route de descente à vide.

 

Extraits du guide de la navigation et pont-canal d'Agen

 
Pont canal d'Agen, pour en savoir plus 3 articles :
bab.viabloga.com/news/renovation-du-pont-canal-d-agen-1

 
 

Le 18 mars 2018, le groupe de presse régionale La Dépêche a fait paraître un article de M. SERRES sur le supplément Dimanche, MIDI.

   

Extraits : "Mon père était dragueur, comme on disait à l'époque. Il avait un bateau qui draguait les cailloux et le sable. Nous étions mariniers. Il y avait deux sortes de mariniers : les anciens qui faisaient le transport entre Toulouse et bordeaux. Et puis ceux qui draguaient. Nous avons vécu dans le fleuve. L'habitation première, chez moi, c'était moins la maison sur les bords de la Garonne que le bateau lui-même."

Nous, on les appelait les gravious et certains pêcheurs de graves nous surnommaient les canalous, toutefois nous nous sentions de la même appartenance, celle des gens de l'eau.


Le ballon ovale, un autre point commun avec Michel SERRES. Bon nombre de bateliers du Midi, suivaient le "rubi" (rugby) . Certains jouaient au C.A. de Bègles, ville en bordure de Garonne, en attendant un voyage (fret à transporter). D'autres allaient voir les matchs et les entraînements du Stade Toulousain aux Ponts-Jumeaux, il n'y avait que la route de Blagnac à traverser.


Le stade Ernest Wallon était en bordure du Canal Latéral, de temps à autre quelques ballons allaient s'y baigner...
Dans les phases finales du championnat il n'était pas rare de voir flotter au vent le drapeau du Racing Club Narbonnais, ça "chambrait" pas mal aussi ... Un fanatique qui montait sur le Nôôrd avec son bateau, s'est arrêté à La Voulte-sur-Rhône pour voir les frères Cambérabéro, joueurs des années 1960 -1970 qui ont marqué le Monde de l'Ovalie.

Le 10 décembre 2004, FR3 dans Thalassa, a consacré une émission sur Bordeaux et sa région. Michel SERRES était bien-sûr parmi les invités. Ci-dessous le lien d'une partie de l'émission :
www.ina.fr/video/2712705001006

Dans cet interview, Monsieur SERRES évoque le temps où grutiers, dockers, marins se côtoyaient. De temps en temps, on montait sur les hangars des Quinconces, pour voir l'activité du port. Chaque mois, , on y chargeait, en double des navires amarrés à ces quais, des pâtes  à papier, des rouleaux, parfois des planches que l'on amenait à la région Toulousaine.

 

Un "Delmas-Vieljeux" dans les années 1960 et vers la fin des années 1930.
 


Extraits de la même vidéo :
"... je ne voudrais pas non plus que vous méprisiez le marinier, le marin d'eau douce, parce que la navigation en eau douce est quelques fois presque autant difficile  que la navigation en haute mer : inondations, basses-eaux, courants flambants,...."

Phrase magnifique ou tout est dit en quelques mots, un grand merci, Monsieur SERRES.


[1] et [2]  : les bateliers du midi se divisaient en 2. Ceux qui étaient originaires du canal du Midi de Toulouse à la Méditerranée étaient les Barquiers. De Toulouse à Bordeaux et au delà, c'étaient les Gascons.
 

Commentaires

Michel Serres par Alain Marie le Jeudi 06/06/2019 à 07:49

Bonjour,
Voici deux entêtes de lettres de la société de dragage de la famille Serres.

Cette famille est vraiment de notre milieu.
Le grand père de Michel Serres est né dans un village lié au canal Latéral, Damazan.
Il s'est marié sur un autre lieu du canal, Sérignac sur Garonne, le 21 février 1897.
Pourquoi cette ville?
Tout simplement parce qu'il était cantonnier sur le canal.
Et donc naturellement le père de Michel Serres est né à Sérignac et on retrouve la profession de son père noté sur l'acte.

Louis


Re: Michel Serres par cayor le Vendredi 07/06/2019 à 14:22

cayor  Comme d'habitude un excellent reportage qui nous dévoile une belle découverte de notre académicien.



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