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La Plume et La Maugresse, un roman au fil de l'eau

Par Bibou • Littérature Fluviale • Samedi 09/02/2008 • 1 commentaire  • Lu 4930 fois • Version imprimable

  • Currently 3/5

Note : 3/5 (1 note)

J’aime écrire des histoires et les raconter. Ma maison est sur le chemin de de l’. Je mange, je dors, je jardine, je rêve et je chante en compagnie des péniches et du fleuve. Il n’en fallait pas plus pour me donner des idées. J’ai donc un écrit un roman sur la vie des gens d’à terre et les gens d’à bord.
La Plume et la Maugresse, c’est le titre de l’ouvrage.
Voici les grands thèmes qu’on y découvre : – L’ … La barque, le bachot, que remorque la dernière péniche passe devant lui et fend l’eau dans un joli friselis mouillé. C’est le moment que La Plume attendait. Il plonge, nage vigoureusement et s’accroche d’une main. Le plus souvent, le batelier laisse faire et le gamin voyage ainsi sans effort jusqu’au Rivage Saint-André. Là-bas, il abandonne l’embarcation et se laisse porter par le courant complice. Tandis qu’il dérive mollement, étendu sur le dos, il s’emplit le regard de ciel bleu et de grimaces de nuages. Une fois sorti de l’eau, il reste encore longtemps à s’éponger distraitement avec sa chemisette. Son esprit est ailleurs. Ses yeux ne voient que le jeu de l’eau qui vient battre les rives et l’éclat de soleils fugitifs qui courent sur les crêtes liquides. Dans sa tête de gosse, une phrase tourne et tourne sans cesse : – Ça doit être beau la mer. – Les bras morts, les “coupures” du fleuve … La “coupure” Parent approche. Depuis les veules, on distingue mal le bras mort. La nature y a repris ses droits. Pourtant, quelque chose dans l’air vient dire au gamin que l’étrange ermite n’est pas loin : une odeur de feu de bois lui taquine la narine. Son regard suit la nappe de volutes bleues qui s’accrochent aux touffes d’aubépines. Ça y est, il repère la cabane lépreuse faite de bouts de bois et de tôles. – Regarde, Mieke, c’est sa maison. Elle est… – Les gens d’à bord, les … Les gens d’à bord, eux, sont comme le courant du fleuve et comme leurs bateaux : ils bougent. Et lorsqu’ils bougent, rien ne peut les arrêter. Ils ont la grande inertie du voyage. Aucune amarre ne peut les retenir : ils sont libres. Si le malheur les arrête et les jette sur un , ils deviennent malades et beaucoup n’en reviennent pas. Tu sais moussaillon, les gens d’à bord ne choisissent jamais de débarquer et je ne crois pas que c’est ton oncle qui commencera. – Les passeurs d’eau … Pour demander la traversée, il suffit de s’approcher de l’embarcadère et de crier : « Ohé, de la barque ». Théodore apparaît alors. Il actionne le treuil pour tendre le câble de guidage. Puis, d’une poigne vigoureuse, il amène la barque et fait passer passagers et bagages d’une rive à l’autre – Les gens des villages, gens d’à terre … Ton père et tes frères aiment leur sacro-saint métier. Ils sont fiers de montrer leur force et leur adresse. Ils ont l’esprit indépendant et rebelle. Je crois qu’on ne peut pas être plus gens d’à terre que ne le sont les “roctiers”. Ils sont comme leur pierre : inébranlables, ancrés dans le paysage depuis toujours, presque immobiles. – La batellerie “tractionnée” … Ils s’asseyent sur les boulards_ de la proue. Le fer des chevaux crisse sur le pavé et, tandis que lentement le bateau se met en mouvement, les enfants font des grands signes d’adieu à la famille qui défile devant eux. Commence alors la tendre guerre que le bateau déclare au refus du courant. Son front têtu trousse le fleuve. Pendant quelques secondes, l’eau fait le gros dos, elle résiste. Puis, consentante, elle s’abandonne et va se perdre sur les rives. Sur le chemin de , au rythme lent et obstiné de leurs sonnailles, les deux chevaux conjuguent parfaitement leur pas. – Les chantiers de construction … L’air vif de ce beau matin d’été est tout rempli des bruits du chantier de construction et son oreille, insensible aux fracas des carrières, découvre maintenant les sonorités étonnantes du grand orchestre des chaudronniers de marine. C’est d’abord la gamme infinie des coups de masses sur la tôle à dompter, le chuintement du foret qui broute, le vagissement de la meule qui ébarbe. C’est le cliquetis de la roue à rochet des treuils, le ruissellement des chaînes de palans et le geignement fer à fer de la membrure qu’on met en place. Et par-dessus tout cela, viennent les rafales rageuses des marteaux pneumatiques qui battent les rivets et rythment le grand chœur des voix d’hommes qui vocifèrent, pestent et chantent dans l’enceinte vibrante des coques métalliques. – L’automoteur … L’eau du s’insinue doucement dans la cale qu’on a débarrassée du fatras de tôles, de profilés de toutes sortes, de planches et d’éléments d’échafaudage qui s’y étale d’ordinaire durant la construction des baleines d’acier. Peu à peu, le sol de la cale s’estompe sous un miroir de ciel et de trembles. “A la Garde de Dieu” gît seul et nu dans le grand azur et le vert des feuillages. Sans doute se demande-t-il quelle est cette main furtive qui vient lui effleurer les flancs. Abandonné de tous, à ce grand inconnu liquide qui le cerne de partout, il frémit. L’eau gravit lentement les graduations rouges des échelles de jauge. Le spits semble tétanisé : il demeure immobile, apparemment incapable de faire face à cette situation qu’il n’a jamais vécue. La porte d’ s’ouvre plus largement. Une sorte de mascaret traverse la cale, bat l’étrave et court le long des bordailles. Le silence se fait. Alors, des profondeurs de l’eau monte la note inquiète du chant d’un grand rorqual qui sourd et vibre dans l’âme de la tôle. – Il a parlé, dit un ouvrier. La navigation et ses périls … BOOOOOOONG ! Wooooonnn-aaaaaaaaannnn ! Un monstrueux coup de gong vient de retentir et pendant qu’il roule entre les berges, un hurlement de fer parcourt le corps de la péniche et poignarde les tympans. Le choc est inimaginable : un bélier colossal vient de frapper. Pendant une fraction de seconde, “A la Garde de Dieu” s’arrête net. Puis, il fait une violente embardée vers la gauche et recommence à avancer dans un insupportable râle. – Godverdomme de brug ! hurle Jan, en inversant le moteur. Il balance une énorme claque au macaron qui mouline à toute vitesse. En même temps, il regarde vers l’arrière pour s’assurer que rien ne pourra gêner la manœuvre désespérée.

Voilà, j’espère que, sans révéler l’intrigue qui rend ce récit captivant, ces extraits auront su vous toucher. Pour concrétiser ce , je n’ai pas choisi de passer beaucoup de temps à tenter de convaincre une maison d’édition. Comme je suis professionnel des Arts Graphiques, j’ai choisi de devenir auteur-éditeur. Si vous souhaitez découvrir cette histoire, il vous suffit de me commander le . Je vous le ferais parvenir contre un remboursement de 15 euros (frais d’envoi compris).
La Plume et le Grand Solant Roman illustré et documenté 160 pages au format 145/210 mm sous couverture imprimée en quadrichromie – reliure spiralée

Daniel Barbez
rue Michel Holyman 10 B-7536 Vaulx
Belgique
00 32 69 84 31 56
daniel.barbez@scarlet.be

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Commentaires

Complément par BaB le Vendredi 29/02/2008 à 08:21

BaB
La Plume et La Maugresse”.
Ce récit emmène le lecteur dans le monde captivant et mouvant des “gens d’à bord” en même temps que dans la vie immobile et les croyances superstitieuses des “gens d’à terre”.
La narration ne précise aucune date mais on peut imaginer que l’action se situe vers les années 1925/1930 puisqu’on y découvre les premiers “automoteurs”.
Au fil du récit, des documents d’archive renforcent le “climat” du récit. Ces illustrations sont choisies pour leur “éloquence” car aucune légende ni précision technique ne vient distraire de la lecture.
Afin de mieux appréhender ce récit, voici quelques extraits significatifs.


Le défilé est grandiose. Les bras de La Plume s’agitent comme des sémaphores. Quand il arrive à sa hauteur, le capitaine du remorqueur le salue en faisant hululer la sirène à vapeur.
L’enfant regarde le cortège, il est ravi. Les pèlerins ventrus passent benoîtement devant lui en dansant mollement au gré de l’humeur des sillages.
Parce qu’ils doivent tirer leurs suivants, les bateaux les plus robustes et les plus lourds sont en tête de convoi tandis que les plus fragiles ferment la marche. Les petits baquets sont placés à couple comme des bateaux siamois. Entre leurs flancs, des défenses de bois protègent les bordailles des coups de boutoir du compagnon de voyage.
Debout à l’arrière des bateaux, les mariniers sont à l’aminteau. C’est ainsi qu’on appelle la longue pièce de bois qui commande le gouvernail. Les hommes affichent ce petit air désinvolte qui voudrait démontrer que le pilotage est, pour eux, un jeu d’enfant. Les uns sont accoudés nonchalamment une main en poche, d’autres s’adossent à la poutre ou y posent une fesse paresseuse.


Le bachot, que remorque la dernière péniche passe devant lui et fend l’eau dans un joli friselis mouillé. C’est le moment que La Plume attendait. Il plonge, nage vigoureusement et s’accroche d’une main. Le batelier laisse faire et le gamin voyage ainsi sans effort jusqu’au Rivage Saint-André.
Là-bas, il abandonne l’embarcation et se laisse porter par le courant complice.
Tandis qu’il dérive mollement, étendu sur le dos, il s’emplit le regard de ciel bleu et de grimaces de nuages.
Une fois sorti de l’eau, il reste encore longtemps à s’éponger distraitement avec sa chemisette. Son esprit est ailleurs. Ses yeux ne voient que le jeu de l’eau qui vient battre les rives et l’éclat de soleils fugitifs qui courent sur les crêtes liquides. Dans sa tête de gosse, une phrase tourne et tourne sans cesse :
–  Ça doit être beau la mer.


Ton oncle Jan T’Jolle est batelier, marinier si tu préfères. Cela fait des années qu’il balade son tjalk entre la Hollande et sa Flandre natale. Les bateliers mariés ne portent pas la bague au doigt : ils se mettent un anneau d’or à l’oreille.
–  Bé pourquoi ça ?
–  Parce qu’au doigt l’anneau pourrait les blesser durant la manœuvre, pardi !
–  Et le tjalk ?
–  Le tjalk, c’est le bateau de rivière des mariniers du nord. Tu les as déjà vus passer. Ils ont le nez retroussé et la coque joufflue qui leur donnent un petit air bon enfant.
–  Ah oui, comme celui de l’autre jour. Au Rivage Saint-André, ils chargeaient des pierres bâtardes pour la Hollande. Mon frère Fernand ne comprenait rien aux gesticulations du matelot. Même que le baquet commençait à s’enfoncer sérieusement de l’avant et que l’autre hurlait : «Pas op! pas op! pas op!» parce qu’il fallait reculer la passerelle et que Fernand, étourdi comme il est, continuait à déverser ses gros moellons sans sourciller.
–  Bravo moussaillon! Maintenant tu y es. Dis-moi, tu ne trouves pas qu’ils sont beaux les tjalks? Leur silhouette est si forte, sans être ni fruste ni brutale. On les regrettera…
–  Pourquoi faudrait-il les regretter ? Moi aussi, je les trouve magnifiques. Surtout quand ils vont seuls, que le vent est pour eux et qu’il gonfle leurs voiles.
–  On les regrettera moussaillon. Cette batellerie-là s’en va. Maintenant, il faut du plus-plus : du plus grand, du plus vite et du plus loin. Fini de glisser en pleine nature au rythme paisible du pas des mules ou des chevaux. Bonjour le plus-plus, moussaillon La Plume : Jan T’Jolle a vendu son tjalk…


L’air vif de ce beau matin d’été est tout rempli des bruits du chantier de construction et son oreille, insensible aux fracas des carrières, découvre maintenant les sonorités étonnantes du grand orchestre des chaudronniers de marine.
C’est d’abord la gamme infinie des coups de masses sur la tôle à dompter, le chuintement du foret qui broute, le vagissement de la meule qui ébarbe. C’est le cliquetis de la roue à rochet des treuils, le ruissellement des chaînes de palans et le geignement fer à fer de la membrure qu’on met en place. Et par-dessus tout cela, viennent les rafales rageuses des marteaux pneumatiques qui battent les rivets et rythment le grand chœur des voix d’hommes qui vocifèrent, pestent et chantent dans l’enceinte vibrante des coques métalliques.
Plus nos deux marcheurs se rapprochent, plus le ton de la conversation va vers le hurlement.
–  Kijk jongen : là-bas c’est le chantier de Meneer Mory. Et derrière la maison c’est la cale avec mon bébé dedans.
–  Je suppose que le bébé, c’est ton énorme nouvelle péniche.
–  Jah. C’est presque fini. Tu vas voir jongen ?


– Fini de mener le bateau trempé par la pluie ou glacé par les vents d’hiver. Suis-moi, Jan. Viens voir cette deuxième merveille.
Toute la petite troupe remonte l’échelle et va s’entasser sous la jolie marquise de bois.
–  Comme vous le constatez, ce n’est pas une salle de bal. Pour garder un maximum de place sur les veules, nous avons choisi d’équiper les “Types B” d’une timonerie relativement exiguë… Et voici le fameux macaron.
Louis Mory montre la roue qui trône majestueusement dans l’étroite cabine.
Jan s’avance, se campe bien en face et caresse le bois avec émotion. Il ferme les yeux. Dans un frissonnement d’éternité, il se voit conduisant son ange du fleuve, communiant avec lui de tout son être, relié à son âme par la grande auréole de bois. Le cantique du diesel lui entre par les paumes et le frou-frou de l’eau sur la grande aile du gouvernail l’habite jusqu’au cœur.
–  Oncle Jan, j’peux conduire aussi ?
Le batelier revient sur terre.
–  Kom eens jongen. Maintenant, c’est toi qui fais le capitaine.
Il lève le coude pour laisser La Plume se glisser devant lui.
Le gamin s’écartèle littéralement pour saisir la roue des deux mains. Elle est si grande et ses bras sont si courts… Il a le nez collé dessus et ce n’est qu’à grand-peine qu’il arrive à esquisser un mouvement de rotation pour mimer la conduite du bateau.
–  Pas op jongen, tu vas nous faire partir avant que le bateau est toute finie !


Le grand jour de la mise à l’eau est là.
Tous les ouvriers du chantier se sont agglutinés sur le chemin de halage pour assister à ce spectacle rare qu’est la venue au monde d’une péniche.
Louis Mory s’approche de l’écluse qui ferme la cale sèche. Il ôte sa veste, desserre sa cravate, retrousse ses manches de chemise et actionne la manivelle qui ouvre la ventelle placée dans la porte de bois.
L’eau du canal s’insinue doucement dans la cale qu’on a débarrassée du fatras de tôles, de profilés de toutes sortes, de planches et d’éléments d’échafaudage qui s’y étale d’ordinaire durant la construction des baleines d’acier.
Peu à peu, le sol de la cale s’estompe sous un miroir de ciel et de trembles. “A la Garde de Dieu” gît seul et nu dans le grand azur et le vert des feuillages. Sans doute se demande-t-il quelle est cette main furtive qui vient lui effleurer les flancs. Abandonné de tous, livré à ce grand inconnu liquide qui le cerne de partout, il frémit.
L’eau gravit lentement les graduations rouges des échelles de jauge. Le spits semble tétanisé : il demeure immobile, apparemment incapable de faire face à cette situation qu’il n’a jamais vécue.
La porte d’écluse s’ouvre plus largement. Une sorte de mascaret traverse la cale, bat l’étrave et court le long des bordailles.
Le silence se fait.
Alors, des profondeurs de l’eau monte la note inquiète du chant d’un grand rorqual qui sourd et vibre dans l’âme de la tôle.
–  Il a parlé, dit un ouvrier.
Le front de la vague touche obliquement l’autre rive et revient vers le spits en dessinant une houle croisée. On entend à nouveau une longue plainte de fer qui ripe. “A la Garde de Dieu” hésite sur ses chaises. Puis, irrésistiblement attiré par l’appel du canal, il tend à presque rompre les amarres qui l’entravent.
Un hourra magnifique d’émotion et de fierté jaillit de la bouche des spectateurs suivi d’un tonnerre d’applaudissements.
–  Regarde comme il est impatient de partir, dit Armande.
Jan ne répond rien. Et, tandis que ses doigts fouillent les boucles blondes de Mieke, il enfouit le visage de sa femme au creux de son épaule.
La Plume regarde la péniche vivante. Il répète à voix basse :
–  Comme ça doit être beau, la mer.
 

Le diesel hésite : il s’ébroue. Puis, il entonne sa chanson marinière et lorsque le batelier revient dans la timonerie, il vocalise doucement à deux cents tours minute.
Doucement, les hommes halent la péniche. Armande et Mieke, armées de longues gaffes, la rassurent et la guident. Elle s’aligne sagement et franchit la porte d’écluse.
On cesse de tirer. Les cordages mollissent. “A la Garde de Dieu” glisse silencieuse et libre sur l’eau tranquille du canal.
A travers les vitres de la marquise, Armande voit la main de Jan qui caresse la grande roue de bois. Elle sait d’instinct qu’il va se tourner vers elle et qu’il opinera de la tête. Dans son regard bleu, passera un éclat de liberté sauvage.
Elle devine son geste sur la manette des gaz. A cet instant, en parfaite communion avec la péniche, son Jan est intouchable. Elle accepte qu’il n’y ait pas de place pour elle dans cette union.
Sur son signal, Armande largue les amarres l’une après l’autre.
En passant à quatre cents tours, le moteur monte à l’octave. Une fleur bouillonnante s’épanouit sous le gouvernail : Jan vient d’embrayer.


BOOOOOOONG ! Wooooonnn-aaaaaaaaannnn !
Un monstrueux coup de gong vient de retentir et pendant qu’il roule entre les berges, un hurlement de fer parcourt le corps de la péniche et poignarde les tympans.
Le choc est inimaginable : un bélier colossal vient de frapper.
Pendant une fraction de seconde, “A la Garde de Dieu” s’arrête net. Puis, il fait une violente embardée vers la gauche et recommence à avancer dans un insupportable râle.
–  Godverdomme de brug! hurle Jan, en inversant le moteur.
Il balance une énorme claque au macaron qui mouline à toute vitesse. En même temps, il regarde vers l’arrière pour s’assurer que rien ne pourra gêner la manœuvre désespérée.
La Plume est tombé de sa chaise et a roulé sur le plancher.
Il a l’arcade sourcilière ouverte. Il saigne.
–  Oncle Jan, au secours! J’suis blessé!
Armande fait irruption dans la timonerie.
–  Jan, que se passe-t-il ?
–  C’est le pont! Il ne faut plus avancer. Je dois tirer le bateau dehors! Plumeke est tombé…
La Plume se blottit dans les jupes de sa tante.
Armande est frappée de stupeur. Elle regarde l’étrave de leur beau bateau qui se dégage d’un nuage de poussière. Et tandis qu’il recule, la batelière voit le pontonnier s’enfuir.
L’instant d’après, dans un fracas d’enfer, la pile centrale du pont s’écroule, entraînant dans sa chute le tablier, les deux bras métalliques et leurs lourds contrepoids.

J’espère que, sans révéler l’intrigue qui rend ce récit captivant, ces extraits auront su vous toucher.
Je suis auteur-éditeur. Cela veut dire que j’édite et vends moi-même mes livres. Pour les obtenir, il n’y a pas de meilleure manière que de me contacter.
N’hésitez pas.
Daniel Barbez
rue Michel Holyman 10, B-7536   Vaulx – Belgique
Tél. 00 32 69 84 31 56
E-mail : daniel.barbez@scarlet.be



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